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« Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».

Warren Buffett, milliardaire américain, 1ère fortune des Etats-Unis


Il n'est pas étonnant que ceux qui ont quelque chose à conserver, et qui, par définition, sont
conservateurs, ceux qui veulent maintenir le régime existant, combattent la théorie marxiste3
puisque Karl Marx dit au régime capitaliste : « Frère, il faut mourir ! » Et comme le régime actuel ferait plutôt disparaître toute l’humanité que de consentir à disparaître lui-même, il ne se passe pas une année sans qu'il y ait des littérateurs, des savants journalistes, académiciens ou autres, qui s'essaient à réfuter Marx.


C'est ainsi qu'il existe sur le marxisme toute une littérature qui, par son ampleur, nous ne disons pas par sa valeur, dépassera bientôt tout ce qu'on a écrit sur Shakespeare, Goethe ou Kant, les trois hommes sur lesquels on a le plus écrit.


Les attaques contre Marx ne nous étonnent pas. Marx n'a jamais été autant d'actualité, jamais les idées marxistes n'ont été aussi d’actualité qu'aujourd'hui. Il y a deux choses dans Marx : il y a sa méthode et il y a ses théories.
Nous allons voir d'abord si la méthode est « périmée ».
La méthode de Marx La méthode de Marx est avant tout la méthode matérialiste, Marx était l'ennemi du verbalisme, même du verbalisme prétendu révolutionnaire. Il était contre tous ceux qui, comme disait le spirituel Alexandre Hertzen parlant de son ami Bakounine, ont tort « de prendre le deuxième mois de grossesse pour le neuvième ». Résultat : fausse couche !
Il était contre les émigrés qui après l'échec de la révolution de 1848, voulaient le plus tôt possible recommencer la révolution.
Pour que la révolution triomphe, il faut les conditions matérielles nécessaires pour en assurer la victoire. Il était l'adversaire de ceux qui, sous prétexte d'aller vite, pour descendre du sixième
étage sautent dans le vide au lieu de prendre l'escalier.
Evidemment, c'est une méthode pour aller vite. On arrive plus tôt, mais dans quel état !...
Marx appliquait la méthode matérialiste. Il étudiait avant tout la réalité, les conditions matérielles de la vie sociale. Il était en même temps dialecticien. Cela veut dire qu'il reconnaissait qu'il
faut chercher dans chaque régime les éléments destructifs de ce régime, qui se développent à l'intérieur même de ce régime, ainsi que les éléments constructifs du régime nouveau. On peut dire que chaque régime existant porte dans ses entrailles le régime nouveau, comme la mère porte l'enfant.2


Et si Marx et ses partisans donnent au socialisme le qualificatif de « scientifique », c'est parce qu'ils ont trouvé dans la société capitaliste, dans le régime économique existant, aussi bien les éléments destructifs de ce régime que les éléments constructifs du nouveau régime.
La méthode marxiste est basée sur l'idée de l'évolution aboutissant à la révolution. Or, l'idée d'évolution est à la base de toutes les sciences et de toutes les conceptions modernes, avec cette différence que les évolutionnistes à la Spencer, arrêtent la loi de l'évolution au seuil du régime actuel : tout évolue, sauf le capitalisme ; la loi de l'évolution doit respectueusement s'écarter de la Banque de France et des autres banques ; là, elle perd son autorité ; elle cesse d'être applicable : tout évolue, sauf la propriété et le mode de production capitalistes.
Marx, au contraire, avec une logique implacable disait « Non ! Si tout
change, si tout se transforme, il n'y a pas de raison pour que le
capitalisme et son mode de production restent au stade qu'ils ont
atteint ; il n'y a pas de raison pour que l'évolution historique s'arrête
au stade capitaliste ».
Est-ce qu'il faut revenir au dogme de l'invariabilité des espèces, de la
stagnation de tout ce qui existe, à la vieille géologie, à la vieille
astronomie ? L'astronomie moderne, la géologie moderne, démontrent
que les comètes et les planètes se sont développées graduellement, que
la terre est passée par divers stades.
Marx est d'accord avec la théorie moderne de l'évolution qui n'exclut pas le passage rapide de l'évolution
à la révolution : la théorie de l'évolution de nos jours admet avec de Vriès les passages brusques, "les
sauts" dans la marche "régulière" des choses...
Marx n'oppose jamais évolution à révolution. Ainsi, l’enfant, qui se développe dans les entrailles de la
mère, vient au monde avec des déchirements sanglants.
Est-ce que ces idées sont périmées ? Est-ce qu'il faut retourner au verbalisme idéaliste ? Francis Bacon,
un des fondateurs de la philosophie moderne, a dit qu'il y a deux sources de vérité :
 il y a la méthode des abeilles, tributaires de la matière environnante, des plantes et des fleurs où
elles puisent leur miel ;
 et il y a la méthode des araignées qui tirent tout de leur propre substance. Les idéalistes « ont
une araignée dans la tête », c'est-à-dire qu'ils tirent tout de leur tête, ce qui les entraîne à
prendre des mots pour des réalités.
A notre époque, on abuse beaucoup des grands mots.
Que ce soit lors de la guerre du Vietnam, celle
d’Afghanistan, plus récemment en Lybie ou au Mali, on a
sorti tout le bagage idéaliste. On nous a dit chaque jour
que ceux qui partaient allaient se battre pour « la
justice », pour « les droits de l’homme », pour « la
civilisation ». On continue à faire cet abus de grands mots
idéalistes qui sont vides de sens dans la société actuelle.
C’est toujours au nom des droits de l'homme et du
citoyen qu’il faut que le pauvre paie autant que le riche.
C'est cette égalité qu'on propose. Et ce sont là des choses
vivantes de tous les jours, d'aujourd'hui, d'hier, d'avanthier.
Alors, allez-vous faire à Marx le reproche de n'avoir
pas eu confiance dans les mots dont on fait un si grand
C. Darwin --- K. Marx
« Si vous ne venez pas à la démocratie…
La démocratie viendra à vous ! » 3
abus, d'avoir regardé la réalité en face? Ferdinand Lassalle a dit : « dire ce qui existe, c'est déjà un fait
révolutionnaire » parce que la réalité travaille pour nous, parce qu'elle contient des éléments explosifs,
parce que l'histoire contient de la dynamite, des forces vraiment révolutionnaires qui font sauter les
vieux régimes « périmés »...
Donc, au point de vue de la méthode, le marxisme ne peut être considéré comme « périmé ». Elle
procède des idées les plus modernes : mouvement, transformation, évolution, révolution.
Marx avait horreur du vide, de l'abstrait, des mots qui peuvent s'appliquer à tout et qui n'expliquent rien,
des grands mots qu'on cherche à exploiter pour cacher de petites choses, ou même des choses
abominables.
La lutte de classes
La base sociale de la théorie marxiste, c'est la lutte de classes. Marx ne s'est pas contenté, comme les
sociologues bourgeois de cette banalité qui consiste à constater que la société se compose d'individus et
non de pommes de terre...
Il a dit : Non, ce ne sont pas les individus qu'il faut étudier dans la société, ni leurs besoins ; ce qu'il faut
étudier, ce sont les classes. Quand vous regardez quelqu'un dans la rue et que vous demandez qui estce
? Si on vous répond : c'est un homme, vous direz : c'est une mauvaise plaisanterie, et vous n'aurez
aucune idée de celui que vous aurez rencontré.
Mais si on vous dit : c'est un homme sans travail, c'est un chômeur, alors cela devient clair, vous êtes
renseigné ; si on vous dit : c'est Ford, ou Cit ;roën, immédiatement vous savez à qui vous avez à faire.
On nie encore l'existence des classes. Le Monde, le Figaro, les télés, les
radios vous le rabâchent sans cesse : Vous nous parlez de classes, mais c'est
périmé, la Révolution française est passée par là, elle a supprimé les classes ;
tous les hommes sont égaux : F. Hollande a pu devenir Président de la
République ; rien ne vous empêche de le devenir vous-même ; rien n'est
inscrit dans le Code pour vous l'interdire, donc les classes sont supprimées.
Le Monde, le Figaro et tous ces charlatans de la presse oublient jusqu'aux
classes des chemins de fer. Ils oublient aussi qu'il y a à Paris même des
quartiers de classe et que la mortalité est plus importante ici que là.
En face des événements qui se sont succédés dans notre pays et dans le
monde depuis presque deux siècles, c'est une plaisanterie macabre que de
dire qu'il n'existe pas de lutte de classes.
On voit maintenant ressurgir le fascisme, partout en Europe. Si l'on approfondit les choses, qu'est-ce que
cela signifie ?
C'est la lutte de classes à son plus haut degré.
Les classes dominantes ont appris quelque chose de Marx, et surtout de la pratique de la lutte de classes
par la classe ouvrière révolutionnaire.
Tant que les gouvernements étaient les gendarmes, les gardiens de la paix sociale, les chiens de garde de
la propriété et du régime, on se contentait de charger l'Etat bourgeois de la défense de classe. Mais
maintenant, quand, par l'évolution des esprits, par les crises permanentes, on voit que l'Etat peut être
menacé sous la pression des masses, ou être mis dans l'impossibilité d'appliquer rigoureusement ses
« réformes », sa répression contre les nouvelles forces qui se lèvent, alors les classes dominantes, en
attirant les inconscients des classes moyennes ou de la classe ouvrière, leur donnent des mots d'ordre
soi-disant anticapitalistes, crient contre les capitalistes, contre les banquiers — en ajoutant « juifs » — , 4
crient contre les pauvres de l’Europe qui viennent « manger le pain des français » en ajoutant : Roms,
arabes, noirs, et s'organisent d'une façon grossièrement démagogique.
C'est la défense de classe, c'est la stratégie de classe, c'est ajouter des
forces nouvelles de répression terroriste aux forces régulières de l'Etat
capitaliste. C'est la lutte de classes sous sa forme la plus violente. Est-ce
qu'on peut maintenant nier la lutte de classes ? Est-ce qu'on peut nier les
revendications de classe ?
Marx constate ce fait historique. Il n'est pas d'ailleurs le premier qui l'ait
constaté. Guizot, le grand historien contemporain de Marx, a expliqué le
développement de la monarchie française par la lutte de classes. C'est le
monarque qui s'est appuyé sur la classe bourgeoise pour diminuer
l'influence de la noblesse.
Essayez de comprendre l'histoire moderne et d'expliquer sans l'idée de
lutte de classes ce qui se passe aujourd’hui au niveau mondial, en Chine, aux USA, en Europe, en
France… : vous n'y arriverez pas. C'est le facteur indispensable de compréhension de l'histoire.
Même nos adversaires commencent à parler de classes. Les mots « classe », « régime capitaliste »
étaient il y a encore peu bannis comme dépassés ("périmés" eux aussi, peut être), ainsi que le disaient
les économistes et théoriciens bourgeois. Ils les considéraient comme une exagération des communistes.
Maintenant, tout le monde parle de régime capitaliste ou de capitalisme, et les fascistes sont obligés de
se déclarer parti anticapitaliste.
L'économie politique marxiste
Marx ne commençait pas son traité d'économie politique par des banalités comme : Tout le monde, pour
se nourrir, se vêtir, etc., a besoin de produire... Non.
Marx commence par définir la marchandise, la société capitaliste, par expliquer la loi de la valeur des
marchandises, parce que la richesse de notre système se compose non de biens destinés à satisfaire nos
besoins, mais de marchandises, c'est-à-dire de biens destinés à enrichir une classe déterminée. Marx
examine donc quelles sont les lois déterminant la valeur de ces marchandises. Et il en conclue : c'est le
travail.
En cela, il est d'accord avec les grands économistes classiques. Mais Marx précise que ce n'est pas le
travail tout court qui détermine la valeur des marchandises.
Si vous vous amusez à transporter sur votre dos un sac de farine de Marseille à Paris, sans passer par le
chemin de fer, votre travail sera un travail inutile et n'ajoutera rien à la valeur de la farine. Il faut, pour
que le travail détermine la valeur d'un produit, que ce travail soit accompli dans des conditions
techniques normales.
La théorie de la valeur conduit à la théorie de la plusvalue
par laquelle Marx démontre que le profit
capitaliste se compose du travail non payé par le
capitaliste, de l'exploitation de « la marchandise » qui
s'appelle « force de travail ».
Marx, dans son analyse du régime capitaliste, formule la
théorie de la concentration capitaliste, de l'expropriation
et de la disparition graduelle des classes moyennes.
Est-ce que ces idées sont périmées? Est-ce que Hollande, 5
Delors, Fabius… peuvent contester la concentration capitaliste ? Est-ce que les grandes compagnies
multinationales ne sont pas des formes modernes de l'économie capitaliste ? Et toutes ces forces
capitalistes ne sont-elles pas autant de confirmations de la loi de la concentration capitaliste ?
Le pays le plus capitaliste du monde, les Etats-Unis, n'est-il pas dominé par des magnats du capitalisme
comme disait Marx, par ceux qu'on appelle « les rois » : rois du pétrole, des chemins de fer, de
l'automobile, des mines... Il y a même les rois du cochon ou du bifteck... Ce sont de véritables monopoles
de toutes les richesses matérielles. Ce sont les grands maîtres qui dominent cet immense pays.
En France, il y a encore une masse de petits propriétaires. Mais quand on examine les choses de près, on
voit qu'il y a, par exemple, six grandes banques qui dominent tous les marchés et même qui dominent
l'Etat. On ne peut donc pas contester, à notre époque de milliardaires, de grandes banques, de grands
magasins, de grands commerces, la loi de la concentration capitaliste.
Au début du 20ème siècle le réformiste Bernstein (l’équivalent des Fabius, Cameron, Moscovici…), a voulu
démontrer que les classes moyennes existent. Il a ramassé tous les livrets de caisse d'épargne de toutes
les domestiques d’alors pour dire qu'il y a encore là de petits capitalistes ─ comme si un livret de Caisse
d’Epargne faisait un capitaliste !!! Mais Marx n'a jamais prétendu que le fait de posséder mille ou dix
mille euros, c'est être capitaliste !
Pour être capitaliste, selon la définition de Marx, il faut employer les instruments de production pour
exploiter le travail des autres et pouvoir vivre sans travailler. Ce n'est pas le cas d'un domestique ou d’un
petit épargnant.
Il y a fort à penser que ceux qui disent que Marx est dépassé n’ont pas lu Marx.
Ce qui est périmé, c'est cette méthode qui consiste à réfuter un grand penseur sans le lire.
Bernstein, ce réformiste qui connaissait Marx, mettait en avant l'argument des sociétés par actions en
disant : Il n'y a pas de concentration capitaliste puisqu'il y a tant et tant de millions d'actionnaires. Il
n'oubliait que de nous expliquer le mécanisme des sociétés anonymes, où celui qui possède le plus gros
paquet d'actions est le véritable maitre de la société anonyme, tandis que les autres ne sont que des
figurants. Partout, c'est la même chose. Et quand arrive une crise, quand tous les petits « capitalistes »
sont balayés, il ne reste que celui qui possède le plus gros paquet.
Marx a parlé de l'anarchie de la production capitaliste. N'est-elle
pas démontrée – par exemple –, par la destruction des stocks
alimentaires pour faire monter les cours artificiellement alors que
la grande partie de l’humanité vit avec la famine ?
Marx démontrait que les capitalistes sont condamnés à l'anarchie
parce qu'ils ne produisent que pour le profit, pour un marché
indéterminé. Allez déterminer l'extension de la clientèle
mondiale !
On a dit que les capitalistes étaient assez intelligents pour pouvoir,
avec leurs savants, leurs publicitaires, leurs experts, déterminer le
volume du marché mondial. Mais est-ce qu'on a pu le faire ? Est-ce
que la plus grande crise de ces dernières années ne s'est pas
produite justement dans les pays des trusts, des grands capitalistes
(USA, Japon, Europe..).
C'est précisément aux USA, pays des trusts colossaux, que la crise a été la plus colossale.
Cela prouve que le capitalisme ne peut sortir de l'anarchie. Il produit l'abondance de marchandises. Mais
en face, il y a des millions de chômeurs.6
Le chômage n'est-il pas le produit du capitalisme ! Ce phénomène a été démontré avec une admirable
précision par Marx quand il traçait le tableau de ces immenses richesses créées par la technique
moderne en face d'une armée de réserve de sans-travail crevant de faim à côté de magasins regorgent
de marchandises. Est-ce que par hasard cette théorie de la crise du capitalisme est une théorie
périmée ? Il faut être de mauvaise foi ou ignorant comme un académicien pour l'affirmer.
Un grand nombre d'Américains ont découvert en Amérique la technocratie. Ils ont démontré avec de
nombreuses données statistiques, les merveilles de la technique. On peut faire travailler une usine
pendant vingt-quatre heures sans un seul ouvrier et augmenter de 4 000 fois la productivité de certains
travaux.
Mais Marx, précisément, citait souvent le mot d'Aristote — le plus grand penseur de l'antiquité — qui,
pour justifier l'esclavage, disait : « Si on avait inventé des machines à tisser et à faire certains travaux, on
aurait pu se passer de l'esclavage ». Marx aimait à citer ce mot pour montrer que nous avons réalisé
l'idée géniale d'Aristote. Nous avons de véritables merveilles de productivité ; nous avons des machines
à tout faire, nous avons d’admirables machines, c'est un héritage capitaliste que sous ne repoussons pas.
Marx a même fait l'éloge de la mission historique accomplie par la bourgeoisie, qui a fait surgir des villes
géantes et créé la production mécanique moderne. Il a écrit cela en 1847. S'il avait vu les miracles
actuels de la production, qu'est-ce qu'il aurait dit ! Mais nous avons constaté que ces merveilles
techniques, ces admirables machines, au lieu de créer le bonheur social et individuel ne servent qu'à une
catégorie de privilégiés et se dressent contre les ouvriers.
Chaque nouvelle machine représente une nouvelle hécatombe de travailleurs, des milliers d'ouvriers
jetés sur le pavé, sans travail.
La rationalisation capitaliste, c'est le rationnement du prolétariat. Plus la société capitaliste est
rationalisée, moins vous avez de moyens d'existence. C'est la confirmation de la dialectique de K. Marx
qui a démontré que toute société périt de ses propres contradictions. Il a consacré sa vie à l'étude des
contradictions inhérentes au régime capitaliste, des abus que le régime engendre fatalement.
Et il ne suffit pas de détruire ces abus, comme disent les ignorants, c'est la source même de ces abus qu'il
s'agit de détruire : le système capitaliste !
Marx a démontré que toutes ces contradictions sociales sont
inhérentes au mode de production capitaliste, au fait que les
moyens de production sont monopolisés par une oligarchie,
concentrée entre les mains d'une minorité qui s'enrichit tandis
que la majorité, la classe ouvrière, ne peut vivre qu'en vendant
sa force de travail à ces propriétaires des moyens de production.
C'est cela que Marx a constaté. Est-ce que ce n'est pas vrai ? Estce
qu'il y a d'autres moyens de combattre la crise sans détruire
les causes mêmes de la crise ?
La politique marxiste
Marx, se basant sur l'analyse de la société capitaliste ne s'adresse pas à toutes les bonnes volontés, à
tous les intérêts prétendus généraux, comme il base sa sociologie sur l'existence de classes opposées les
unes aux autres, ayant des intérêts antagonistes, il a compris que parmi toutes ces classes, celle du
prolétariat est la seule classe révolutionnaire.
C'est logique. N'ayant rien à conserver, elle n'a pas d'intérêt à être conservatrice. Elle n'a que sa force de
travail. C'est donc une classe révolutionnaire. Elle n'a que ses chaînes à perdre et tout un monde à
gagner, dit Marx à la fin de son Manifeste.7
Comment voulez-vous que les capitalistes soient révolutionnaires? Avez-vous connu des capitalistes
demandant des courtes journées et des hauts salaires ? Jamais la classe capitaliste ne déclarera qu'elle
veut supprimer sa propriété. Il peut y avoir de rares exceptions confirmant la règle ; mais jamais une
classe ne s'est suicidée.
Marx l'a compris, tandis que les utopistes comme Charles Fourier cherchaient à persuader la bourgeoisie
d'être intelligente et d'organiser l'harmonie, la coopération sociale. D'autres, comme Robert Owen, qui a
sacrifié des millions pour la réforme sociale, adressaient sincèrement et de bonne foi des lettres, des
suppliques au congrès où les monarques étaient réunis, pour prendre des mesures contrerévolutionnaires.
Il cherchait à persuader ces monarques qu'en adoptant son projet on pourrait faire
l'économie d'une révolution. Il cherchait à persuader les loups de ne pas manger les moutons.
Naturellement, on se moquait de lui et ses suppliques sont restées sans conséquences...
Marx n'était pas contre l'action politique. Il n'opposait pas le
syndicalisme, l'action économique de la classe ouvrière à son
action politique. Il comprenait bien le rôle de l'Etat qu'il
définissait ainsi : l'Etat, c'est un conseil d'administration des
classes dominantes réuni pour opprimer les classes exploitées,
les classes dépossédées.
Il ajoutait : il faut détruire cette force, donnons le pouvoir au
prolétariat — c'est ce qu'on appelle la dictature du prolétariat,
donnons le pouvoir d'Etat au prolétariat afin de supprimer les
inégalités ou plutôt la possibilité d'enlever aux oligarchies
capitalistes le monopole des moyens de production. Selon lui, il
faut supprimer la domination des classes possédantes,
exproprier les propriétaires. Et par quels moyens, sinon par la révolution ?
C'est de Marx que date le mot de « crétinisme parlementaire ». Marx n'était pourtant pas contre l'action
parlementaire. Mais il appelait « crétinisme parlementaire » l'action de ceux qui croyaient pouvoir
réaliser ainsi la transformation sociale. Maintenant, le crétinisme parlementaire s'est doublé du
crétinisme ministérialiste.
On croit qu'avec de bons ministres on peut transformer la société. Marx le niait. Et l'un des plus grands
crimes de la social-démocratie allemande est d'avoir cru qu'à l'aide du
« crétinisme parlementaire » et de la participation à l'Etat bourgeois, on pouvait changer le régime
social. Or, vous savez ce qu’il advenu dans l'Allemagne d'Hitler.
Est-ce que ce n'est pas de l'actualité ? Est-ce que l'idée de la conquête du pouvoir par la force
révolutionnaire est une idée, périmée? Jamais un peuple, jamais une classe n'obtient sa libération à
genoux. Il faut se mettre debout, lutter, verser son sang, si on veut aboutir à son émancipation.
Ce n'est pas en s'appuyant seulement sur des millions de voix qu'on peut faire l'économie d'une
révolution. En 1904, à Amsterdam, Bebel se dressait contre la participation ministérielle que soutenaient
les réformistes et demandait qu'on déclare la classe ouvrière « parti de révolution ». Mais quand il
s'agissait de définir la révolution, c'était une autre affaire. Il disait au même congrès : Nous augmentons
nos voix par millions ; quand nous aurons la majorité, la bourgeoisie sera noyée, ce sera un îlot dans un
océan. Et nous avons vu ce que cela a donné en Allemagne sous Hitler, en Espagne sous Franco…
Marx n'a jamais, dans toute son œuvre, employé la phraséologie révolutionnaire. La révolution chez
Marx est comme un feu souterrain qui couve sous ses théories. Il a examiné les facteurs révolutionnaires
sans chercher des phrases révolutionnaires. C'est la spécialité de certaines catégories de gens. Ce n'est
pas celle de Marx qui ne s'est préoccupé que de constater les faits, ce qui suffit pour en faire ressortir les
conclusions logiques : organiser la classe ouvrière avec cette conscience qu'elle est une classe 8
révolutionnaire, qu'elle n'est pas une classe pour négocier, mais une classe pour combattre, comme
disait Jules Guesde.
Comment ! Messieurs de la « gauche » ! Vous voulez entrer dans ce conseil d'administration des
capitalistes qu’est l’Etat, pour assurer les affaires courantes de la bourgeoisie ?
Comment, pour vous donner un autre exemple de la
collaboration de classes, comment, Mitterrand, Marchais, Hue,
Jospin, Hollande, Cohn-Bendit, Mélenchon, ont-ils pu et peuventils
déclarer dans leurs discours et articles que nous n'avons aucun
intérêt à la faillite du système capitaliste bourgeois ?
Mirabeau lui-même, ce révolutionnaire bourgeois sorti de la
noblesse, avait compris que la faillite de la noblesse était une
faillite nécessaire pour l'avènement de la bourgeoisie. Et nous ne
comprendrions pas que la déconfiture du capitalisme puisse
servir le prolétariat !
Notre devoir, notre « mission » historique n'est pas, selon Marx,
de sauver le capitalisme de la faillite, mais d'organiser et
développer la conscience de classe du prolétariat.
Oui, il y aura des souffrances ; mais qu’ont subi et que subissent quotidiennement des centaines de
millions de personnes de part le monde depuis que le capitalisme est en place : famines, colonisations,
guerres, déportations massives, ouvriers esclaves en Asie et en Inde… et est-ce qu'avec la guerre qui se
prépare il n'y en aura pas davantage ? Est-ce que les réformistes aussi bien que les révolutionnaires ne
disparaîtront pas dans la tourmente ? Pouvons-nous avoir confiance dans les palabres de « la
Communauté Internationale », de l’ONU ? Est-ce que tout cela n'a pas déjà fait faillite ?
Marx l'a prévu en déclarant que le capitalisme est à la base de toutes les guerres modernes, et Lénine, à
son tour, a démontré qu'en période impérialiste les guerres sont inévitables. Nous n'avons qu'à
constater les faits qui se passent devant nous.
Le marxisme n'est pas périmé. Le communisme n’est pas mort.
Marx a dressé son économie contre l'économie classique de la bourgeoisie. Quel était le principe
directeur, fondamental, de l'économie bourgeoise ? C'était : « laissez faire, laissez passer ! » Mais est-ce
qu'il y a quelqu'un encore dans le monde qui puisse accepter ce principe et admettre qu'on dise : laissez
faire la guerre, laissez passer la misère ?
Il y a la théorie des élites, adoptée par les capitalistes et leurs valets des gouvernements de gauche ou de
droite : « Le marxisme est périmé ».
Nous, nous disons : Il y a une autre élite, c'est la classe
ouvrière, qui depuis la Commune de Paris en passant par la
Révolution d’Octobre a commencé à penser, à s'organiser,
à devenir une force mondiale. Quel sociologue distingué,
quel expert, homme d'Etat ou historien aurait prévu que
des peuples osent ainsi briser l’ordre ancien.
Et quel acharnement de la part des capitalistes – qui vaut
toutes les démonstrations –, pour réduire à néant ces
révolutions.
Marx et Engels ont prévu ce rôle historique du prolétariat, Lénine – 1917 – Révolution d’Octobre9
et c'était d'autant plus difficile qu'en 1847 le prolétariat n'existait que comme fait social, mais non
encore comme organisation consciente de son but historique : la suppression du capitalisme.
Marx et Engels n'avaient vu que les débuts de la classe ouvrière, mais grâce à leur méthode matérialiste
dialectique ils ont prévu le rôle historique du prolétariat.
On a pu critiquer les difficultés d'un pays représentant la sixième partie du globe et boycotté par tous les
autres : l’Union des Républiques Socialiste Soviétiques. Mais on a pu voir aussi les armées du Capital
mener une guerre de six années contre la jeune République. Puis ensuite la laisser seule résister à la
force brutale du nazisme. Cela ce sont des faits.
Alors que nos bourgeoisies collaboraient avec le fascisme, seule l’Union Soviétique à résisté et c’était le
seul endroit sur terre où le prolétariat avait conquis le pouvoir.
Le Parti Communiste de l’Union Soviétique et son Secrétaire général Joseph Staline ont montré que seul
un peuple dirigé par un idéal humain ─ le communisme ─, était en mesure de faire les plus grands
sacrifices pour faire régner la paix.
Aujourd’hui où les intellectuels au service du capital, de droite comme de "gauche", tentent de nous
rabâcher la vieille chanson du « marxisme périmé » et de la « mort du communisme », il nous semblait
important de rappeler des évidences simples.
Le cadavre n’en était pas un. Et l’actualité du marxisme plonge ses racines dans les faits.
A-t-on vu des faits périssables ?


Notes :
1 Texte revu et actualisé par le camarade G.L. en janvier 2013 pour l'OCF à partir du texte de Charles Rappoport
publié par le Bureau d'Editions à Paris en 1933. ─ http://www.orgcomfr.com/
2 Cité dans l'article « In class warfare, guess which class is winning », paru le 26/11/2006 dans le New York Times.
3 Dans le texte qui va suivre et pour des commodités de langage, le terme « marxisme » sera utilisé en lieu et place
de « matérialisme dialectique », plus approprié pour définir la base philosophico-politique de ce qu’on appelle le
marxisme.

_______

source: http://ekladata.com/Ot2lhP2JCYeWcfeVgPs9cgsUNuk/Le_marxisme_est_il_perime.pdf

LE MARXISME EST-IL PÉRIMÉ ? LE COMMUNISME EST-IL MORT ?
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